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Le plaisir qui vient des séries

Tout divertissement devrait apporter à celui qui le consomme un réel plaisir. Et ce plaisir a plus de chance d’être présent s’il repose sur un peu de nouveauté : les émissions formatées d’un jour ou d’une semaine à l’autre n’offrent comme plaisir que celui de la richesse d’un contenu. Rien ne ressemble plus à un « 19h30 », un « TTC », une « Mise au point » qu’un « 19h30 », un « TTC » ou une « Mise au point ». La fiction sait générer du plaisir à travers des formes nouvelles, dans des séries qui se donnent, pour conter, du temps. Je crois que je retrouve enfin dans l’audiovisuel ce très vieux plaisir de la lecture savourée lentement, mais oublié durant des décennies. Une série nouvelle et une récente sont à saluer !

The good wife – Ridley frères

Présente en premier rideau, « The good wife » est produite par les frères anglais Tony et Ridley Scott bien implantés aux USA ( TSR, vendredis, mais aussi TF1 jeudis). Mère au foyer, Alicia fut trompée par son mari politicien retors. Archie Penjabi, Kalinda étrange et sidérante noiraude, vole la vedette à Giuliana Margulies en avocate qui retrouve un poste de travail. Désormais bien installée entre ses audiences de tribunal avec une belle galerie de présidentes et présidents aussi bizarres les uns que les autres, la série monte en force.

Giuliana Marguiles et Archie Penjabi dans “The good wife”

Broardwalk Empire : Atlanta, New-York, Chicago – 1920

« Boardwalk empire » ( TSR, début le dimanche 13.11.2011, 4 épisodes déjà à ce jour du 22.11.2011) est bien parti. Produite par Scorsese, la série commence par septante minutes signées Martin Scorsese. Ville phare : Atlanta, avec incursions nombreuses vers New-York et Chicago. La prohibition de l’alcool, dans les années vingt, fit faire un bond en avant aux mieux organisés des truands. Personnage principal : Enoch Thompson, dit « Nucky », ( Steve Buscemi) fonctionnaire municipal qui va rapidement s’enrichir par la vente d’alcools, assisté par un jeune homme qui revient du front européen des années 1918, James Darmedy, dit « Jimmy » (Michael Pitt). D’emblée, des personnages intéressants, Al Capone et Charles Luciano, dit « Lucky », qui feront carrière par la suite. Un personnage féminin assez peu adapté à ce milieu de truands, Mme Margaret Schroeder ( Kelly MacDonald).

Trois cent mille francs la minute.

Martin Scorsese

HBO, chaîne cryptée américaine commerciale, a connu en septembre 2010, son meilleur démarrage après celui de « Deadwood », avec près de cinq millions de téléspectateurs. Autour de Scorsese, le scénariste Terence Winter, celui des « Sopranos », Mark Wahlberg, producteur qui fut déjà lié à Scorsese pour « Les affranchis ». Le premier épisode de septante minutes, réalisé par Scorsese lui-même, aura coûté vingt millions de dollars, autrement dit trois cent mille francs la minute. Mais ce sont là des normes américaines. « Les affranchis » du même Scorsese avaient absorbé nonante millions de dollars.

Steve Buscemi (”Nucky” Enoch Thomson)

Cinéma et télévision confondus dans la perfection audiovisuelle

Tout est d’emblée en place pour la première saison, une troisième actuellement déjà en tournage : de splendides décors pour reconstituer les intérieurs d’Atlanta, New-York et Chicago, des personnages forts nombreux, des vêtements d’époque, comme la musique avec beaucoup de jazz, des acteurs au service de leurs personnages qui vont revenir d’une saison à l’autre. La mise en scène d’emblée brillante comme dans les meilleurs films de Scorsese sera par essence permanente puisque les réalisateurs sont choisis par le producteur principal, Scorsese lui-même. Les qualités du meilleur cinéma, avec le retour à la richesse romanesque qui prend son temps, seront certainement présentes pendant la douzaine d’heures de chaque saison. On est ainsi d’emblée dans le meilleur des séries qui nous viennent des USA. L’audiovisuel contemporain haut de gamme unit désormais étroitement cinéma et télévision.

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