Ces pages proposent des regards subjectifs. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.
Réparties dans le texte, voici quatre images de “Tu n’aimeras point” de Haim Tabakman (Israël) (Photos Look Now)
“Cinhebdo” semble préférer les films qui doivent toucher un vaste public, comme le “2012″ d’Emmerich, grand spectacle semble-t-il plein d’humour au deuxième degré (pas encore vu personnellement) qu’à un “petit” film discret, remarqué à Cannes, qui vient de sortir le 11 novembre 2009 en Suisse pour un public curieux de tout, ici d’Israël, où les milieux religieux orthodoxes sont intransigeants avec un amour homosexuel qui unit un boucher, Aaron (à barbe grande) et Ezri, (à barbe courte) un étudiant qu’il a engagé comme aide.
Entre Aaron, la rencontre, le bain commun, une attitude désormais furtive et l’invitation à un repas de famille. Cette présentation compte quelques mots de plus que celle qui accompagne la bande de lancement d’un film sur “CinHebdo”. Par contre, le choix de ces quatre images de est une manière de le recommander à ceux qui attendent beaucoup plus du cinéma qu’un brillant divertissement. Et c’est dire ainsi la haute estime dans laquelle on peut tenir ce film courageux contre l’intolérance.
Deux fois l’an au moins, la TSR procède à la rénovation douce de certaines émissions et en introduit de nouvelles qui en remplacent d’autres. De mauvaises parts de marché n’entraînent pas leur disparition immédiate. La TSR, service public généraliste, est différente du généraliste commercial genre TF1 ou M6.
Présent récemment (jeudi 12.11.09) au Club 44 à la Chaux-de-Fonds, le nouveau directeur de la Cinémathèque suisse, Frédéric Maire, a pris acte en passant de l’absence de réflexion critique sur le cinéma portée par ce que nous nommerons encore «petit écran» même quand le pluriel s’imposerait pour le téléviseur, l’ordinateur et le portable, en attendant d’autres déclinaisons (sur le cadran d’une swatch?). Certains alors de se souvenir du «Spécial-cinéma» de Christian Defaye qui savait attirer l’attention sur le 7ème art, sur des films ou téléfilms et ceux qui les font. On pouvait aimer l’émission sans toujours apprécier Defaye!
Dans un récent communiqué de presse, le « conseil du public » de le RTSR, resté fort discret pendant des années, vient d’insister avec d’excellents arguments sur la nécessité d’ouvrir, sur petit écran, une réflexion critique à propos du cinéma, et pourquoi pas en allant plus loin encore, sur la télévision elle-même et la radio. La convergence, qui ne semble guère intéresser le grand public, dans la phase romande de fusion entre « radio et télévision » saura-t-elle apporter une réponse à ces souhaits ?
Il y a certes une toute petite amorce de réponse dans les dix/quinze minutes qui suivent, chaque lundi soir, la projection du film de «Box-Office». On y montre des bandes annonces de la presque totalité des sorties de la semaine en cours sur grand écran. Une courte phrase fournit quelques informations, rarement une appréciation sur la qualité du produit. Le temps octroyé à chaque film semble d’autant plus grand que celui-ci est destiné à un succès public. Cette information ne masque même pas une sorte de «sponsoring»! Il arrive même qu’une partie des images se retrouve quelques minutes plus tard sur une plage publicitaire payante. C’est un début qui ne remplace pas la nécessité d’un combat.