Ces pages proposent des regards subjectifs. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.
Cela se passe dans un petit pays d’Europe alpestro-centrale. Une bonne vingtaine de jeunes de moins de dix-huit ans s’en sont allés quérir le premier titre de champion du monde attribué à ce pays dans un tournoi d’un jeu nommé balle-au-pied. Les deux-tiers de ces jeunes et brillants joueurs sont des «segundos». Et parmi eux, la moitié environ sont des enfants de parents de pays musulmans.
Deux vrais minarets d’une mosquée de Damas: autant que la moitié de ceux érigés
en Suisse! Comme si les minarets étaient seuls en cause… ( photo TSR)
Minaret/Burqa: même combat ?!?!?!
Et quelle fierté alors, dans les médias du petit pays, pour souligner son sens de l’accueil de l’autre, de l’assimilation, de l’intégration. Aurait-on proposé aux autochtones de se prononcer par un vote sur cette réussite que la majorité eut été belle. Mais voilà qu’un symbole qui touche une partie de ces segundos se voit rejeté à 57 % contre 43 % en un vote «historique». Par les mêmes qui s’extasiaient sur la générosité de leur accueil quelques jours auparavant? A une question posée dans un journal, six cents lecteurs répondent dont cinq cents sont partisans, dans la foulée, de l’interdiction du port de la burqa: minaret/burqa, même combat?
Le Valaisan des minarets
Il y a ceux qui, rapides comme l’éclair, dégainent pour comprendre ce qui vient de se passer? Une reine du petit écran, Esther Mamarbachi, organise immédiatement un débat contradictoire (Infrarouge, mardi 01.12.09). Parmi ses invités, pour faire sortir d’un inadmissible anonymat un des adversaires des minarets, un politicien valaisan veut faire à Dany C. le coup tenté par Marine LePen contre Frédéric Mitterand. A peine un autre invité ose-t-il souhaiter qu’un nouveau vote puisse être organisé sur le même sujet que le politicien se compose un air profondément indigné: on ne doit pas aller contre la volonté du peuple. Et vive la démocratie! Il faut attendre un bon moment pour entendre quelqu’un rappeler que l’AVS n’existerait pas, que les femmes ne voteraient pas, que le pays n’appartiendrait pas à l’ONU si un nouveau vote n’avait modifié un ou des anciens. Et la même semaine, dans un deuxième vote, le peuple confirmait sa satisfaction de savoir la vente d’armes toujours autorisée vers bon nombre de pays étrangers avec cinq mille places de travail en jeu!
Le valaisan de la burqa
Un compatriote de M.Freysinger, d’un autre bord, certes, s’est mis lui aussi en croisade. Le président du PDC, Christophe Darbellay, pense qu’il serait bon de profiter de l’occasion pour interdire le port de la burqa, mettant en cause aussi le droit à avoir un cimetière conforme à sa religion. Regrettable dérapage, en partie corrigé. Mais cela ne s’est pas passé à Infrarouge.
Vraiment sain, intéressant, justifié, ce besoin d’aller si vite pour faire semblant de comprendre le résultat inattendu d’un vote? Il est vrai qu’on veut aussi être champion du monde dans ces spectacles contre la montre. Il y avait mieux à faire.