Ces pages proposent des regards subjectifs. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.
«Tard pour bar» fournit plus souvent l’occasion de s’énerver qu’ «Infrarouge». Mais les débats de ces deux incontournables sont parfois réussis. Même si le premier provoque une nouvelle colère! Deux documents informatifs intéressants font place à la satisfaction en fin de rubrique.
Florilège d’images presque exclusivement autour d’ «Infrarouge»
du mardi 12 janvier 2009: pour une fois, le service de presse offre un choix
suffisant pour illustrer un texte. Alors, allons joyeusement à la pêche. Commençons par
remarquer une certaine similitude entre les sourires de la Présidente
et de la présentatrice et même un peu plus.
Deux débats qui vite passèrent
«Infrarouge» reçoit (TSR 1 – mardi 12.01.2010) la nouvelle présidente de la Confédération, Mme Doris Leuthard, souriante, maîtrisant assez bien le français, répondant avec précision aux questions, prudente en parlant de nouvelles modalités de fonctionnement du Conseil fédéral. Les dessins de Mix & Remix jouent le rôle de fou du roi. «Tard pour bar» (jeudi 14) s’interroge sur le livre électronique, sans que tout le monde parle en même temps. La qualité de l’échange, le débat contradictoire parfois vif entrent pour beaucoup dans la formation du coefficient de satisfaction. Deux fois la même semaine se dégage un sentiment plutôt rare: «Tiens, c’est déjà fin terminé; dommage»!
Chacun établira la bijection entre l’ensemble des visages et celui
des noms et titres. Les invités ne sont pour une fois pas oubliés.
Bertrand Piccard, aventurier et président de Solar Impulse.
Patrick Odier, président de l’Association suisse des banquiers
et vice-président d’economiesuisse. Jean Christophe Schwaab, député socialiste
vaudois et secrétaire syndical USS. Nicola Thibaudeau, directrice générale de
MPS Micro Precision Systems. Jean-Marc Richard, animateur radio et télévision.
Un micro qui fait le trottoir porno-scatologique
Pour introduire le débat sur le livre, caméra et micro de Dujany vont dans la rue faire le trottoir. Il ne rate pas l’occasion de signaler l’éventuelle disparition du livre qui permettait de se «torcher le cul». Et puis, ajoute-t-on: se branler sur un livre électronique, cela évitera que les pages se collent. Mais oui!. Halte à cette rubrique porno-scatologique qui devrait subir le sort des SMS d’«Infrarouge»!
Un dangereux communiste à «Temps présent»
Qui est donc ce dangereux délinquant et menteur, «Wanted» selon les désirs de républicains américains, de descendants racistes du Ku-Kluk-Klan, de milieux traditionnels religieux, un socialo-communiste à la tête des USA, meilleur pays où monde où la liberté de gagner beaucoup d’argent existe encore? Un certain Barak Obama dont le dernier crime est d’avoir fait un pas vers la couverture santé généralisée, mais pas encore universelle. C’est parfois tellement gros que l’éclairage d’un spécialiste des droites extrêmes américaines s’avère indispensable et assurément utile (Temps présent – 14.01). Mais s’agit-il vraiment d’une nouvelle attitude qui aurait été occultée durant la campagne précédent l’élection proposant des enjeux plus intéressants? A coup sûr, la droite extrême tente de faire peur à la droite modérée. Et aborder aujourd’hui les USA sous cet angle pourrait bien provoquer quelque inquiétude alors que l’on fait un peu partout un bilan qui n’est pas si négatif que cela du progmatisme prudent d’Obama qui a tout de même fait de belles avancées vers une société plus généreuse pour les plus démunis tout en soutenant l’économie et en sauvant des banques dont les dirigeants sont plus attachés aux bonus qu’aux effets de la crise.
Du sourire éclatant au sérieux… La présidente vient-elle de découvrir
des dessins de Mix & Remix? Impossible de savoir laquelle des deux!
La traque d’un violeur en série par une victime
Mais le moment le plus fort de la semaine aura été découvert sur Fr3 le 11 janvier, lors d’une émission intitulée «Victime d’un pédophile: le combat d’une vie» De 8 à 15 ans, Jerôme Nozet aura été violé par Michel Garnier, un maquignon très proche de sa famille, dans une petite bourgade rurale de l’Yonne. Dans la France rurale, difficile de mettre en cause un notable, même un violeur en série qui applique le comportement du coucou en s’installant dans le nid familial. A 31 ans, lors de la mort de sa mère, vingt-deux ans après son premier viol, Jérôme.Nozet décide de rompre le silence et d’attaquer frontalement son ancien bourreau, déclarant clairement qu’il ne veut pas d’argent, seulement que soit reconnue une preuve de la culpabilité de Garnier. Il se heurte à la prescription, 10 ans à partir de la majorité de la victime. Alors il poursuit son combat en cherchant d’autres victimes, qui accepteraient de parler avant que ne tombe le couperet de cette prescription, qui a tout de même passé à vingt ans depuis peu. Il finit par trouver quelqu’un aussi traumatisé que lui qui accepte de parler.
Jérôme Nozet, victime d’un violeur en série, au travail pour se
reconquérir et aider d’autres victimes à sortir de leur silence
L’ancien gendarme du village désormais à la retraite, avait demandé d’être déchargé d’une enquête de proximité délicate. Il avait essuyé un refus. Son successeur a tout de même entendu une autre victime qui ne subissait pas le couperet de la prescription. Mais une plainte a été égarée au parquet d’Auxerre.
Nozet n’a pas renoncé, à son combat, surtout depuis la fondation d’une association en faveur des victimes de pédophile en série ou récidiviste. Il acquit la certitude qu’un corps d’un noyé retrouvé dans une rivière était celui de Michel Garnier. Il dut insister pour que la preuve par ADN soit faite que c’était bien celui de son bourreau. La police et la justice de cette province française n’ont pas fait preuve d’une bien grande diligence. Plus ou moins au vu et su d’une communauté rurale qui se taisait, Michel Garnier a «assouvi ses pulsions pendant quarante ans sans être inquiété». Non-lieu juridique il y eut après le très probable suicide de Garnier!
Un violeur applique souvent la technique du coucou: il s’installe dans le foyer de ses victimes pour mieux imposer le silence. Garnier avait fini par faire croire à Jerôme qu’il était l’amant de sa mère. Il n’est pas le seul à avoir adopté cette présence proche de sa cible: d’autres anciennes victimes en témoignèrent à la suite du document d’une centaine de minutes. Le pire ennemi d’une victime, c’est le silence qu’il s’impose le conduisant souvent à un inévitable sentiment de culpabilité. La «leçon» d’une telle situation au fort potentiel d’émotion sans démagogie peut-être avec un risque de voyeurisme (écouter parler Garnier de son comportement en caméra et micro cachés, encore que le fait soit reconnu) reste importante: créer autour d’un jeune en désarroi dont on ne sait du reste pas forcément qu’il est victime d’un pédophile un climat qui permettrait de parler, soit dans le cadre familial, soit dans d’autres cadres d’accueil, scolaire ou social par exemple.