Ces pages proposent des regards subjectifs. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.
La Suisse bat l’Espagne puis ne parvient plus à en enfiler un seul autre: le «Réduit» national du verrou a refait surface. Déception. La France se contente d’un point en éliminatoires: scandale. L’entraineur Raymond Domenech et le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, tancés par la ministre des sports, se rendent tête basse devant une commission parlementaire pour subir, à huis clos, un lavage au kärcher. On est bien, chez nos voisins, dans l’esprit du «sarkhozisme» qui aime à se mêler de tout et à occuper l’opinion à autre chose que l’âge de la retraite.
Ne pas déplaire…
Dans un avion pour la Suisse, il y avait un arbitre nommé Massimo Busacca, l’âne de la fable, ce pelé, ce galeux d’où venait bien du mal. Va-t-on faire resurgir une histoire de position hors-jeu? il semble pourtant que Busacca, en accordant un pénalty et en l’accompagnant d’un carton rouge ait appliqué strictement le règlement. Oui, mais voilà: l’entraîneur de l’équipe ainsi sanctionnée déclare bien fort qu’il n’est pas content. Et comme le gardien expulsé est celui de l’équipe du pays organisateur, la presse d’Afrique du Sud suit pour huer l’arbitre coupable d’avoir appliqué le règlement. Dans ces conditions, impossible de remettre Busacca sur un stade où les sifflets à lui adressés domineraient les sons des vuvuzélas. La FIFA a pris une décision pour faire plaisir au pays hôte! C’est un peu hypocrite et cela ne va pas améliorer l’image de l’arbitrage même si on prend une décision qui empêchera les loups d’hurler.
Tous regardent la même chose….
Accueil mitigé du public sur les aéroports du retour. Mais les chaînes de télévision envahies par le football annoncent d’énormes parts de marché, souvent records battus, pour les équipes nationales dans leur pays. La télévision toute puissante confirme sa puissance attractive. Nous sommes des millions, peut-être parfois plus d’un milliard, à regarder les mêmes images à des heures différentes. Idée gênante, peut-être même inquiétante que cette uniformisation du loisir !
…mais certains ne voient pas tout !
La télévision ne pèse pas seulement par l’argent qu’elle accepte de verser alors qu’elle pourrait freiner la hausse des droits. Moins de cinq secondes après qu’un arbitre et son adjoint refusent une réussite, ces millions de téléspectateurs savent que l’étrange ballon de ce mondial a touché le sol largement derrière la ligne. L’arbitre reste maître non pas après, mais avant dieu, selon l’«International Football Association Board» (IFAB), les gardiens du temple des règles décidées depuis 1883.
Le grand chapeau de la dame IFAB
Un anglais, un écossais, un gallois, un irlandais et quatre délégués de la FIFA, réunis dans l’ IFAB ne peuvent décider d’un changement de règle du jeu qu’à six au moins. Cinq secondes après l’annulation d’une réussite, des millions de téléspectateurs savent que la balle si étrange de ce mondial a frappé derrière la ligne! Nous sommes des millions, un milliard peut-être, témoins d’une erreur. Le président de la FIFA, celui de l’UEFA semblaient ne pas vouloir toucher à la toute puissance de l’arbitre. La télévision ridiculise le premier sport mondial. Une solution s’impose, malgré l’IFAB où quelques probablement vieux messieurs règnent dont l’esprit de Madame Geneviève de Fontenay au grand chapeau qui pense que les participantes à ses concours de miss sont encore toutes de chastes et pures rosières. La solution peut passer par l’image presque instantanée enregistrée par des caméras ou la présence d’un arbitre de plus entièrement occupé par ce qui se passe dans les seize mètres. Annuler le but de Lampard quant tous sauf l’arbitre et son adjoint l’ont vu, cela ne doit plus être possible. La main d’Henry (sans s’en aller en chercher d’autres plus lointaines, cela ne doit plus être possible. Un hors-jeu de plus de trois mètres, cela ne doit plus être possible. Il ne sera peut-être pas facile de trouver une solution globale !
Il faut être naïf…
Le football n’est seulement un jeu et le plaisir qu’il donne. Si c’était le cas, Henry aurait dit à l’arbitre que sa main avait dépassé sa volonté. Le gardien allemand n’aurait pas immédiatement joué le ballon pour faire croire que l’action n’était pas litigieuse. Il l’a lui-même reconnu. La tricherie rencontre beaucoup de complices. Participer ou non à un mondial, c’est recevoir ou non des millions. Même pour une main ! Il faut être naïf pour imaginer le gardien allant dire à l’arbitre que la balle était entrée !
Puissance de l’argent
Dans les grands tournois mondiaux, continentaux, régionaux, dans bon nombre de compétitions nationales, l’argent règne en grand maître. Les plus grands clubs font apparaître dans leur bilan un capital «joueurs» - on évitera de parler de cheptel! Les mécènes généreux existent, certes. Mais que seraient les bilans si les télévisions et leurs déclinaisons sur internet ne versaient des droits très élevés La Fifa est riche, l’UEFA est riche, le salaire de M.Blatter doit être confortable. Sans parler des entraîneurs, des joueurs et…
Domination quantitative du football européen
Sur les 184 joueurs qui forment les équipes des huit quarts de finalistes, selon un journaliste qui signe partout «SI», 148 sont membres d’un équipe européenne – le 80%. Ce mondial est assez proche d’une compétition européenne dans laquelle la composition des équipes obéit à des critères de nationalité. Dès lors, puisque la majorité à l’habitude du jeu à l’européenne, il n’y a pas lieu de s’étonner que ce mondial de 2010 finisse par provoquer un nivellement vers le milieu. Et puis, parmi les entraîneurs, combien de non-européens? Très peu. Quelques américains du sud, un japonais. Combien d’entraîneurs noirs en Afrique alors que les joueurs africains sont nombreux dans certaines équipes européennes? Tous ou presque à la même école européenne calculatrice!
Reflet du dynamisme d’un continent ?
L’Amérique latine compte quatre quarts de finalistes sur cinq participants, l’Europe trois sur treize, le dernier venu d’Afrique (un sur six). Et si, dans une certaine mesure, il y avait là une sorte de mesure de dynamisme d’un continent, l’Amérique du sud, de l’engourdissement d’un autre, l’Europe en attendant que l’Asie s’affirme comme devrait aussi le faire l’Afrique?
Souhaitons que la dernière semaine de compétition apporte de belles rencontres à suivre du début à la fin, alors que tant d’autres se résumaient… aux résumés un peu partout présentés…