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| Dépasser le devoir de mémoire |
| < 23avril 2010 > |
| A lire aussi : |
Henri Guisan (16.04.2010) |
Un thème sur la TSR : 1939/1945 (16.04.2010) |
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En deux semaines, voici les années de 1939 à 1945 sous plusieurs formes: «Les forteresses du Gothard» ( TSR2, 11 avril 2010), «Le général» (TSR2, 12 avril), «Moi, petite fille de 13 ans – Simone Lagrange» (France 2, 15 avril – TSR2, 18 et 19 avril), «Le chute» ( TSR2, 18 avril), «Après les camps, le vie…» (France 2, 22 avril), «Nous étions l’Exodus» ( France 2, nuit du 22 au 23).
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“Nous étions l’Exodus” (Document France 2)
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| De nombreuses questions se posent |
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Cette accumulation, un film de fiction et cinq documents, est-ce un hasard de programmation ou le résultat d’une curiosité personnelle? Elle permet d’accomplir un important devoir de mémoire, qui reste indispensable pour Simone Lagrange puisque Auschwitz vit encore en elle; et pas en elle seulement, à écouter les témoins de «Après les camps, la vie…». La situation de la Suisse épargnée par la guerre n’a certes pas le même poids émotionnel que les souvenirs des rescapés des camps de concentration. Alors se posent en désordre de nombreuses questions auxquelles certains témoins qui ont bientôt plus de huitante ans peuvent encore répondre. D’autres réponses peuvent aussi être apportées par les auteurs de documents qui agissent souvent en historiens.
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Lausanne, 1960. La foule à l’enterrement du général Guisan
a conduit la SSR-SRG-Idée suisse a créer un assez bon document
hagiographique autour du général Guisan, qui incarna la volonté
de résistance de la Suisse entre 1939 et 1945 ( Photo TSR ).
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Qui était Henri Guisan?
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Parfois, un fragment d’une émission trouve un écho dans une autre. Le général Guisan s’était étonné qu’un «juif nommé Grossfeld» puisse travailler au service cinématographique de l’armée: un pas vers l’antisémitisme!
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Seules quelques questions sont esquissées dans «Le général», document hagiographique qui célèbre son esprit de résistance, cinquantième anniversaire du décès oblige.
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Le portrait de Marcel Pilet-Golaz ( 1889-1958 ) trouvé sur
le site l’administration fédérale dans la partie consacrée aux conseillers fédéraux.
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Politiquement, le vaudois Henri Guisan n’était pas très éloigné du vaudois Pilet-Golaz, conseiller fédéral. Ils entraient peut-être bien tous deux dans la mouvance d’intellectuels de droite, tel Gonzague de Reynold, qui rêvaient d’un régime autoritaire de droite, avec belle détestation de tout ce qui était à leur gauche, d’autant plus forte que la distance grandissait. Se trouvaient-ils proches de Pétain? Pilet-Golaz était aussi plus ou moins séduit par l’ordre qui régnait en Allemagne nazie. Guisan semblait plutôt éloigné des nazis s’il avouait une certaine fascination pour Mussolini.
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Un contact souriant entre Henri Guisan et Benito Mussolini. (Photo TSR)
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Les trois pouvoirs
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Le général était droit dans ses bottes comme chef de l’armée. Il prit des initiatives qui parfois déplurent à l’autorité politique, en l’occurrence le conseil fédéral. Mais on sait aussi que le pouvoir économique eut son mot à dire durant la dernière guerre. Le client allemand faisait tourner l’industrie. Et les banques ne restaient pas inactives! Trois pouvoirs s’exerçaient alors en Suisse comme ailleurs, le militaire, le politique et l’économique. Comment fonctionnaient-ils l’un par rapport à l’autre? Qui fut le plus important pour laisser la Suisse hors de la tourmente ?
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Avec le recul, faire un document qui chercherait à comprendre où se situerait Henri Guisan dans la constellation politique d’aujourd’hui (UDC? Proche de «Pour une Suisse indépendante et neutre»?) serait chose intéressante. A partir d’une demande d’information adressée par le général à l’un de ses subordonnés à propos «d’un juif nommé Grossfeld» , il serait peut-être aussi intéressant de savoir qui est cet homme ainsi considéré comme dangereux. Cela reste à faire! Qui savait quoi et depuis quand de la «Solution finale» décrétée par Hitler? Ces informations eurent-elles de l’importance? Rappeler que le Général Guisan mourait il y a cinquante ans n’était pas le temps propice aux questions insidieuses.
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La déportation
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Simone Lagrange, dans «Moi, petite fille de treize ans» évoque l’accueil reçu à l’Hôtel Lutétia à Paris où il fallait bien administrer le retour des déportés, dans une froideur de technocrate. Plusieurs des personnes interrogées par Virginie Linhart, fille et petite-fille de juifs qui ont échappé à la déportation, évoquent aussi ce dur accueil dans son document «Après les camps, la vie…».
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Simone Lagrange témoigne de la petite fille de treize ans qu’elle fut
à Auschwitz. Chez elle? (document TSR)
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Les témoins comme Simone Lagrange et ceux rencontrés par Virginie Linhart qui survivent sont moins nombreux année après année. Le devoir de mémoire reste essentiel pour les générations qui sont éloignées de la première moitié du siècle dernier. Les souffrances des déportés survivants doivent continuer d’être entendues. Il faut aussi savoir que parmi les septante-cinq mille Juifs de France qui furent déportés seuls deux mille cinq cents revinrent. Eux savaient comment la majorité avait été exterminée.
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Quelques témoins retrouvés par Virginie Linhart pour
“Après les camps, la vie…” (Document France 2)
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Pourtant, une ouverture restait à pratiquer. Que se passa-t-il pour les déportés survivants à leur retour en France? Les document à ce propos sont rares. L’importance de «Après les camps, la vie…» est immense. C’est une pièce essentielle à l’histoire de la shoah: d’autres souffrances sont alors nées. Le document de Virginie Linhart a le mérite de donner la parole à des victimes qui n’ont rien oublié. C’est un document poignant d’une intense dignité. Ce document rare mérite une large diffusion.
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Freddy Landry
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Ce texte a paru sur les sites www.lexpress.ch et www.limpartial.ch
dans la rubrique http://blog.lexpress.ch/retines et http://blog.limpartial.ch/retines
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Commentaire :
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[ Pascal ] - 06.05.2010 22:12 |
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[ Anastasie ] - 02.05.2010 18:21 |
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